Le skeletoneur ukrainien Vladyslav Heraskevych ne participera pas aux Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina après avoir été suspendu par le Comité international olympique pour avoir porté un casque rendant hommage à des athlètes ukrainiens tués lors de l'invasion russe.
Vladyslav Heraskevych avait attiré l'attention lors des entraînements en arborant un casque décoré de photos d'athlètes ukrainiens tombés pendant la guerre. "Je pense sincèrement que si nous sommes ici aujourd'hui, si nous pouvons profiter du sport et des Jeux olympiques, c'est aussi grâce à leur sacrifice", a déclaré le skeletoneur.
Le CIO a cependant interdit à Heraskevych de concourir avec ce casque, invoquant une violation des règles olympiques. "Il ne s'agit absolument pas du message qu'il voulait transmettre, mais simplement du lieu", a précisé l'instance olympique. L'organisation a proposé des alternatives à l'athlète, comme porter le casque lors des interviews ou arborer un brassard noir en signe de deuil.
La réaction de l'athlète et du président Zelensky
Face à cette décision, Heraskevych a confié à BBC Sport ressentir un "vide". Sur les réseaux sociaux, il a écrit que c'était "le prix de notre dignité". L'affaire a rapidement pris une dimension politique lorsque le président ukrainien Volodymyr Zelensky est intervenu publiquement.
Zelensky a accusé le CIO de "jouer le jeu de l'agresseur russe" tout en remerciant Heraskevych pour son geste. Cette prise de position illustre les tensions persistantes autour de la participation des athlètes russes et ukrainiens aux compétitions internationales depuis le début du conflit.
SkeletonWeston offre un quatrième or olympique au skeleton britanniqueUn débat sur la neutralité sportive
Le skeleton, discipline de glisse où les athlètes descendent tête la première sur une piste de bobsleigh, sera au programme des Jeux de Milan-Cortina. Mais l'absence de Heraskevych soulève des questions sur l'équilibre entre neutralité sportive et liberté d'expression des athlètes.
Le CIO maintient depuis longtemps une position stricte concernant les manifestations politiques lors des compétitions olympiques, s'appuyant sur la Charte olympique qui interdit toute forme de propagande ou démonstration politique dans les enceintes olympiques. Cette règle vise à préserver le caractère universel et apolitique des Jeux.
Pour Heraskevych, le choix était clair : honorer la mémoire de ses compatriotes disparus plutôt que de participer aux Jeux olympiques d'hiver. Sa décision et la réaction qu'elle a suscitée rappellent que le sport reste profondément lié aux réalités géopolitiques, malgré les efforts pour maintenir une séparation entre les deux sphères.



