Deux absences de poids alimentent les discussions dans le ski de fond norvégien. La championne olympique Karoline Simpson-Larsen et Karoline Grøtting font officiellement partie de l'équipe nationale depuis mai, mais continuent de s'entraîner presque exclusivement avec leur structure privée, la Team Anlegg Øst Entreprenør. L'entraîneur en chef Per Elias Kalfoss a désormais commenté cet arrangement, en évitant soigneusement toute confrontation.
À un kilomètre de là
Le débat est parti du stage en altitude de trois semaines organisé par l'équipe nationale à Font-Romeu, en France, en septembre. Comme l'a rapporté VG, Simpson-Larsen (29 ans) et Grøtting (25 ans) n'y ont ni logé ni travaillé avec le groupe national, mais avec la Team Anlegg Øst, au même endroit et au même moment. « Elles étaient à environ un kilomètre. En principe, elles ont suivi le programme d'Anlegg Øst pendant ce stage », a déclaré Kalfoss au quotidien. Il n'y a pas de conflit, a-t-il assuré : la fédération veut adapter les programmes à ce en quoi chaque athlète croit le plus.
L'image reste pourtant frappante. Sur les 11 femmes de l'équipe nationale, seules quatre étaient présentes à Font-Romeu : Kristin Austgulen Fosnæs, Nora Sanness, Julie Myhre et Heidi Weng.
« Je ne veux pas utiliser le mot malheureux »
Kalfoss est allé plus loin dans des propos recueillis par langrenn.com le 2 octobre. « Jeg vil ikke bruke ordet 'uheldig' », a-t-il dit, soit qu'il ne qualifierait pas la situation de malheureuse. « Nous espérons que notre organisation est assez bonne pour qu'elles veuillent être avec nous en permanence. » Il a aussi reconnu le lien qui unit le duo à leur entraîneur privé, Emil Hosøy : « Il ne fait aucun doute qu'elles ont une bonne relation avec Emil. Nous respectons cela. »
Le contexte est important. Au printemps, les deux skieuses avaient demandé à être libérées de l'équipe nationale pour rester avec leur équipe privée. La demande a été refusée, et un compromis flexible a été négocié à la place.
« Le meilleur des deux mondes »
Selon langrenn.com, l'accord de Simpson-Larsen l'oblige à participer à trois stages de l'équipe nationale en Norvège : au Sognefjell, à Sandefjord en début d'été et à Mosetertoppen en octobre. Pour le reste, elle s'entraîne chaque jour avec la Team Anlegg Øst et participe à tous ses stages en altitude. « J'ai obtenu exactement ce que je voulais. Je suis très reconnaissante d'avoir la liberté de m'entraîner comme je le crois juste », a-t-elle déclaré. Elle travaille cinq jours par semaine avec Hosøy et parle du « meilleur des deux mondes ».
Ski de FondLe Vasaloppet, troisième Grand Classics de la saison Ski ClassicsGrøtting a expliqué son choix à VG par l'expérience de son entraîneur : en altitude, on s'emballe facilement, et avoir à proximité Emil, qui la connaît bien, l'aide à éviter le surentraînement. Le consultant de NRK Torgeir Bjørn estime que des programmes individualisés lors des stages en altitude peuvent tout à fait se justifier, en citant l'exemple de l'équipe féminine suédoise, qui réussit très bien et s'entraîne rarement en groupe au complet.
Jusqu'ici, les résultats donnent raison au duo. Simpson-Larsen a remporté en février l'or olympique du relais avec Heidi Weng, Astrid Øyre Slind et Kristin Austgulen Fosnæs, tandis que Grøtting a réalisé sa percée en Coupe du monde l'hiver dernier.
Les prochaines retrouvailles sont déjà fixées. L'équipe nationale se réunit à Mosetertoppen du 5 au 9 octobre pour le dernier stage de la préparation estivale, et langrenn.com indique que Simpson-Larsen et Grøtting y sont attendues.



