Un refus à 52 millions de dollars
Le feuilleton Cutter Gauthier n'est pas près de se terminer. Le 8 septembre, l'analyste Elliotte Friedman a déclaré sur NHL Tonight que le prochain contrat de l'attaquant d'Anaheim sera «un chiffre vraiment, vraiment important» — une déclaration intervenue alors que plusieurs médias rapportaient que Gauthier, 22 ans, aurait refusé une offre de quatre ans et 52 millions de dollars de la part des Ducks, soit environ 13 millions de dollars en valeur annuelle moyenne. Les camps d'entraînement de la LNH doivent s'ouvrir dans la semaine du 15 septembre, et la situation reste sans issue.
La saison 2025-26 de Gauthier justifie ses exigences: 41 buts, 69 points en 76 matchs de saison régulière, puis 12 points en 12 matchs de séries éliminatoires alors qu'Anaheim atteignait le deuxième tour pour la première fois depuis plusieurs années. Ces chiffres le placent parmi les meilleurs attaquants de son groupe d'âge dans la ligue, et sa position de joueur autonome protégé lui donne une marge de manœuvre réelle.
Un marché qui a bougé sous les pieds d'Anaheim
Le contexte du marché des joueurs autonomes protégés a considérablement évolué pendant l'été, et pas en faveur des Ducks. Selon plusieurs rapports, une offre autonome soumise à l'attaquant des Ducks Leo Carlsson a été égalée par Anaheim à environ 18 millions de dollars par saison — un montant qui a instantanément redéfini les attentes pour les meilleurs jeunes attaquants de la ligue, tout en réduisant sensiblement la marge salariale disponible du côté d'Anaheim. Dans ce contexte, le refus de Gauthier d'accepter 13 millions de dollars par an prend tout son sens: si un coéquipier du même âge commande 18 millions, un joueur qui l'a nettement surpassé offensivement l'an dernier dispose d'un argument solide pour réclamer davantage.
À Boston, les Bruins ont prolongé Fraser Minten le même jour à 7,2 millions de dollars par saison, confirmant la revalorisation générale du marché pour les attaquants de moins de 25 ans. Les chiffres de 2026 n'ont plus grand-chose à voir avec ceux d'il y a deux ou trois ans.
Le problème structurel des Ducks
Anaheim dispose d'environ 9 millions de dollars d'espace salarial disponible pour 2026-27. Pour signer Gauthier dans ces conditions, le directeur général Pat Verbeek devra vraisemblablement transférer au moins un contrat significatif avant de pouvoir enregistrer un nouveau bail. La démarche est faisable en théorie, mais elle exige un partenaire commercial consentant et du temps — une ressource qui se raréfie avec l'approche des camps.
La position de joueur autonome protégé confère à Gauthier un levier structurel. Toute équipe souhaitant lui soumettre une offre autonome au-delà d'un certain seuil contraindrait les Ducks à céder plusieurs choix de premier tour en cas de refus d'égaler. Pour un club encore en phase de reconstruction, cette perspective complique le calcul et renforce paradoxalement la position de Gauthier dans les négociations.
Un dossier aux conséquences larges
Friedman n'a pas avancé de chiffre précis pour le futur contrat de Gauthier. Mais si 13 millions de dollars par an n'a pas suffi et que le contrat Carlsson à 18 millions sert désormais de référence, des montants compris entre 15 et 17 millions par saison sont largement évoqués dans les milieux de la ligue comme zone d'atterrissage réaliste.
La saison régulière de 84 matchs s'ouvre le 29 septembre. Un joueur absent du camp peut rejoindre son équipe à temps pour le match inaugural, mais chaque semaine sans signature entame la préparation physique et la cohésion avec les coéquipiers. Anaheim n'a plus de marge d'attente confortable.